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Les archives historiques ont recensé seize séismes-tsunamis depuis 1611 situés au nord de l'île principale. Un de ces séismes les plus meurtriers ayant affecté cette région a eu lieu le 15 juin 1896 au large des côtes du Sanriku. Sa magnitude a été estimée à 8,5. Il déclencha un tsunami avec un déferlement (run-up) d'une hauteur maximale de 38 mètres, et tua 22 066 personnes. Un autre eut lieu le 2 mars 1933, légèrement plus au nord, faisant environ 3 000 victimes causées par le tsunami suite au séisme avec un déferlement estimé à 28,5 m à Ofunato.
Par Laurent Coste, Directeur du COSI
Tsunami, mot d'origine japonaise signifie littéralement "vague de port" Ce risque est tellement présent dans l’histoire de l’archipel que la vague d’un tsunami géant est représenté dans l’iconographie nippone. On racontait encore au milieu du XIXe siècle qu'un énorme poisson-chat, le namazu, tapi au fond des océans, excédé par la bêtise des hommes, remuait le dos au fond de la mer, pour secouer la terre, la faire trembler. Ce poisson-chat était à l'origine de ces raz de marée. Il était redoutable puisqu'il détruisait tout, mais il devait être vénéré aussi parce qu'il apprenait aux hommes à revenir à l'essentiel, à réparer le monde pour ses injustices accumulées, à imaginer un nouveau départ. Il aidait les hommes à faire yonaoshi, "corriger le monde" pour revenir à plus de vertu.
Le tsunami, risque majeur Plus personne ne croît aujourd'hui à ces légendes. Et pourtant. C’est bien le tsunami qui a fait le plus de victimes. Le séisme du 11 mars 2011 de la côte Pacifique du Thoku au Japon, survenu au large des côtes nord-est de l'île de Honshu a engendré un tsunami qui a ravagé les côtes de la région sur plus de 200 km, et jusqu'à 5 km à l'intérieur des terres causant des milliers de morts. Le séisme principal a engendré un tsunami avec des vagues jusqu'à 15 mètres de hauteur selon les observations par Port and Airport Research Institute et jusqu'à 20 mètres d'après le professeur Motoyuki Ushiyamaun de l'université de Shizuoka, quand certaines vagues ont frappé les zones montagneuses côtières. Une vague d'une hauteur de 4,2 mètres a déferlé sur le port de Kamaishi, dans la préfecture d’Iwate, ainsi qu'une autre de plus de 10 mètres a déferlé sur les côtes de Sendai. C’est certainement dans ce domaine que les programmes de prévention japonais ont le plus failli.
Les limites de la prévention par rapport aux risques naturels majeurs Comment devons-nous interpréter les limites de la prévention du risque naturel au Japon ?Les résultats para sismiques obtenus sont prodigieux y compris face à un séisme hors du commun qui ne se produit qu’exceptionnellement. Ce peuple est tellement conscient du risque de tsunami qu’il l’a assimilé dans sa mémoire collective. C’est pourtant, un point important dans un plan de prévention et qui est normalement très difficile à obtenir. Comment ont-ils pu sous estimer les dégâts que peut occasionner un tsunami ? Quel processus a conduit les japonais a construire plusieurs réacteurs nucléaires sur sa face Est – face au Pacifique ? Comment ces hommes ont pu croire qu’ils pourraient faire face à une vague de 38 mètres comme celle de 1896 ?
C'est peut être cela le message du "namazu". Faisons ensemble notre "yonaoshi" car maintenant on ne pourra plus dire qu'une telle catastrophe n'arrivera pas...
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