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Le Comité de Secours Internationaux n’interviendra pas au Japon, car dans les domaines de nos compétences, la société nippone n’a pas besoin de nos services. Ils font face par eux même à la plus grande catastrophe que connait l’archipel depuis la seconde guerre mondiale.
Par Laurent Coste, Directeur du COSI
A la cellule de veille à Aubenas, nous avions déjà l’expérience de plusieurs catastrophes au Japon. Nous connaissions la capacité de résistance de cette île aux séismes principalement grâce aux constructions para sismiques et ses plans de préventions. Nous con-naissions moins les effets d’un tsunami sur ses côtes. Le 11 mars, la cellule de veille COSI des catastrophes, prend rapidement conscience de la gravité de la catastrophe. Celle-ci semblait exceptionnelle par son amplitude. Un séisme de magnitude 9 sur l’échelle ouverte de Richter, c’est pas commun, fort heureuse-ment. Un travail de recherche, d’interprétation et d’analyse des informations a été effectué à la cellule de veille 24h/24. La situation se dévoilait d’heure en heure. Pendant les premières heures la tendance allait vers des dégâts très importants sur les côtes Nord-Est dus au tsunami. Pour nos équipes, les victimes d’un raz de marée, si elles sont ensevelies ont très peu de chance de survie. C’est la noyade qui réduit quasiment à zéro la probabilité de survie.
Quels sont les programmes que peut déployer le Comité de Secours Internationaux dans ce type de crise ? L’envoi d’équipe de recherche des personnes ense-velies. C’est un travail de recherche avec des chiens de catastrophes et complété par des « écoutes » vidéo-acoustiques, permettant d’affiner les recherches. Ce type de programme est adapté aux séismes majeurs et d’autant plus adapté aux constructions en bois, bétons, fers. Par contre n’a aucune utilité si les zones effondrées ont subi un tsunami.L’envoi d’équipes médicales sur une catastrophe naturelle peut prendre plusieurs formes. Une action directe sur les populations à travers des cliniques mobiles, dispensaires peut s’avérer nécessaire. Ce program-me peut prendre aussi la forme d’un soutien aux hôpitaux de références par un apport humain ou matériel.
Les informations et l'analyse de la Cellule de veille ont permis de prendre une décision adaptée. Du point de vue des opérations de recherches, nous avons constaté que les zones les plus touchées l’ont été par le tsunami. Et nous savons d’expérience que les chances de survie après le passage d’un tsunami sont très faibles. D’autre part, nous avons un contact avec une association japonaise de chiens qui nous a confirmé que son intervention sur le terrain était en cours et n’avait pas beaucoup d’utilité. D’après les informations que nous avons en provenance du Japon, les structures de références médicales sont opérationnelles et font face à la situation en ce qui concerne les besoins traumatiques dus à la catastrophe naturelle. Les besoins médicaux se portaient principalement sur l’approvisionnement des médicaments chroniques – traitement en cours avant la catastrophe. Cette difficulté a été rapidement résolue car ces médicaments ne manquaient pas dans le pays.
Dans le même sens, il semble que les besoins principaux, qui apparaissaient avec le temps, étaient des besoins en approvisionnement en eau, couvertures et abris. Il a été constaté que ces denrées n’étaient pas absentes de l’île, mais que la problématique reposait plus sur les aspects logistiques de transports et de distributions. S’ajoutait à cette situation le problème des évacuations de population menacées par la radioactivité. Il est apparu que la crise majeure qui se développait était directement liée au problème nucléaire. Les autorités japonaises étaient face à une triple catastrophe : séisme, tsunami et nucléaire.
Dans un tel cadre, notre analyse nous a porté à croire que nous serions plus une charge pour les autorités japonaises qu’une aide. Ces crises, si particulières auxquelles le Japon est confronté aujourd’hui sont uniques dans l’histoire de l’humanité. Nous avons pris la décision difficile, mais justifiée de ne pas envoyer nos équipes au Japon.
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