Le risque était connu en Haiti

Un séisme de magnitude 7 localisé à 25 km à l'ouest de Port-au-Prince, a frappé Haïti le 12/01 à 16h53 locale plongeant la capitale dans le chaos, sous un épais nuage de poussière. Les dégâts sont considérables et le bilan des victimes est très important...
Ce séisme majeur est lié à une faille en décrochement, qui se traduit par un mouvement horizontal. Il s'est produit à la limite Nord de la plaque Antilles et de la plaque Nord-américaine, cette pre-mière se déplaçant vers l'Est par rapport à cette dernière selon un mouvement latéral de glissement et de compression qui peut atteindre 2 cm par an. La faille qui a joué lors de ce tremblement de terre était connue et cartographiée. De nombreux scientifiques l'étudient depuis plusieurs années et savaient qu'elle était susceptible de produire une secousse majeure et ce, d'autant plus que la faille avait accumulé une énergie très impor-tante et encore non libérée depuis le 19ème siècle. Cette magnitude élevée s'explique par l'importance de la faille : entre 50 et 70 kilomètres de longueur pour 20 km de largeur. *Comme en témoigne un document du Bureau des Mines et de l'Energie, qui dépend du ministère des travaux publics à Haïti, les autorités étaient informées de ce risque sismique depuis déjà plusieurs années On sait cependant que chacun des siècles passés a été marqué par au moins un séisme majeur. Si l'on reprend la sismicité historique de l'île, voici les principaux séismes répertoriés : destruction de Port au Prince en 1751 et 1771, destruction de Cap Haïtien en 1842, séismes de 1887 et 1904 dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien, séisme de 1946 dans le Nord-Est de la République Dominicaine accompagné d'un tsunami dans la région de Nagua. Les études géologiques en Haïti ont permis d'identifier deux principales zones de failles susceptibles de générer des séismes. Une première se trouve en mer le long de la côte nord. Il s'agit d'une faille de direction Est-Ouest, qui se prolonge à terre dans la vallée du Cibao en République Dominicaine. Une seconde traverse la Presqu'île du Sud d'Haïti de Tiburon à l'Ouest jusqu'au Port-au-Prince, qu'elle traverse, et se poursuit vers l'Est dans la vallée d'Enriquillo en République Dominicaine. Connaitre le risque potentiel, c'est bien, mais que faire dans un pays où 80 % de la population vit avec moins de 2$ par jour et par personne ! I•I
Laurent Coste - Directeur
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