BIRMANIE : mission médicale
L’équipe du COSI en Birmanie a travaillé en cliniques mobiles dans le Sud Ouest du delta. Voici un extrait du carnet de bord de la mission médicale COSI en Birmanie.
EXTRAITS du carnet de bord de la mission COSI au MYANMAR
Rédigé par le Coordinateur de la mission
Nous commençons les consultations maintenant avec notre organisation bien rodée. Comme à l’ordinaire une grande salle avec une porte pour entrer et une pour sortir, le circuit comprend une secrétaire pour prendre les identités et état civil, sexe et age, poids, Numéro de passage, puis sur la fiche donnée a chaque patient l’un des trois médecins qui consulte et inscrit après son examen les symptômes, le diagnostic, et le traitement. Le patient se rend alors vers la porte de sortie pour récupérer ses médicaments délivrés par l’une des infirmières. (…)
Parmi les consultations, certaines sont plus émouvantes que d’autres :
Telle cette jeune femme qui a perdu toute sa maison et qui est hébergée chez des amis…ou ces enfants qui présentent des dermatoses sévères, ou encore des pathologies « historiques » comme ce méningocèle d’au moins 50 cm de haut sur 30 de large et d’au moins 6 à 8 kilogrammes …(…)
Nous traversons une petite partie de ce petit village qui a beaucoup souffert du passage du cyclone, la plupart des habitations ont eu leurs toitures arrachées, mais aussi souvent les murs ont été rabattus sur le sol ou détruits.(…)
Malgré tout, nous sommes à J+30 du désastre et la reconstruction a déjà bien avancée, de même que la vie économique qui a repris son court avec de petites échoppes qui vendent tout et rien.
Les prix de l’alimentaire ont flambé puisque le prix du riz ou de l’eau en bouteille a doublé, les œufs + 50%, etc. (…)
Nos consultations s’enchaînent et nous voyons un peu de tout, du chronique non médicalisé depuis très longtemps voir jamais, de l’urgence, de l’urgence différée, des plaies diverses, soient dues à « Nargis », soient postérieures et dues aux mauvaises conditions de survies ou de vie des habitants …
Plaies par brûlures avec de l’eau bouillante, par tôles ondulées récupérées pour reconstruire des abris sommaires. Plaies par bambous ou morceaux de poutres en bois brisées lors de la destruction des maisons, septicémies, infections urinaires etc. Quelques rare cas de diarrhées mais pas de choléra, ni de maladie épidémique. (…)
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Les consultations avancent très différentes les unes des autres. Des hommes avec des plaintes diverses : médicales parfois chirurgicales, certaines pouvant être traitées ici car nécessitant de petits gestes de chirurgie simple, d’autre à faire en milieu chirurgical hospitalier.
Nous voyons aussi des pathologies impressionnantes que nous ne voyons quasiment jamais dans notre pays : des masses tumorales historiques, des lésions post chirurgicales incroyables comme cet homme qui a été opéré il y a 6 mois d’une lobectomie inférieur Gauche - ablation du poumon inférieur gauche - , et qui présente une plaie béante latéro thoracique de 10 cm de long sur 4 à 5 de large, qui s’ouvre sur la cage thoracique vide de ce côté, avec le péricarde qui bat au fond de cette cavité ouverte à l’air libre ….
La lésion a été méchée, par qui et quand ? En tout cas lorsque nous le prenons en charge il présente une forte fièvre avec des frissons, une collection purulente verdâtre dans le fond de la cavité…cela sent le pyocyanique ....
Je retire le méchage, et j’essaye de nettoyer le mieux possible la cavité, puis je replace une drain avec quelques mèches de gazes stériles bétadinées. On recouvre l’orifice avant que les mouches n’aient eu le temps de se poser dessus et on lui demande de revenir en consultation dans deux jours …
Nicolas - médecin cosi - lui a eu des consultations aussi très spéciales avec une tumeur polypoïde de 20 cms placées en arrière de la cuisse sous la fesse chez un jeune homme.
Henri - médecin cosi - a poursuivi avec une tumeur de l’ovaire carcinomateuse, etc.
Ceci au milieu de personnes ou d’enfants qui viennent consulter pour une pathologie bénigne avec un peu de fièvre, des rhumatismes ou de l’arthrose, des petits dérangements intestinaux sans gravité, une banale grippe car ici c’est la saison ou elle se développe.
Au milieu de tout cela, nos examens cliniques se veulent assez systématiques pour justement ne pas passer à côté de pathologies non décelées jusqu’alors, car un certain nombre de ces personnes n’ont jamais eu d’examen médical, et un grand nombre d’autres seulement très sommaire !
Nous détectons ainsi d’assez nombreuses pathologies cardiaques diverses : CIV, rétrécissement aortique ou mitral, insuffisance aortique ou mitrale, etc. Les problèmes thyroïdiens sont également très nombreux. Les pathologies articulaires des genoux des pieds et des mains et coudes sont légions et s’expliquent par le travail manuel très soutenu dans les rizières.
Ces consultations qui pour certaines n’ont rien d’urgence, sont malgré tout un moyen pour la population de venir se rassurer en face des événements terribles qu’ils ont subit … et ceci est important sur le plan psychique.
Les actes de soins sont également très inégaux mais variés : des pathologies chroniques nécessitants une désinfection, des cas nombreux de gales, de mycoses cutanées, de parages et désinfections de plaies datant de 3 à 4 semaines maintenant, de massage aux AINS pour des problèmes musculaires liés à la traumatologie, des brûlures par projection d’eau bouillante, etc. (…)
Aujourd’hui, nous voyons un peu plus de diarrhée chez les enfants semble-t-il mais pas de notion épidémique.(…)
Nous constatons que la « dingue hémorragique » est vraiment un problème ici car sur les 8 personnes hospitalisées côté hommes 3 sont des dingues hémorragiques, une seule côté femme.(…)
Pour la maternité, environ 40 à 50 accouchements seulement ici, car il existe 6 centres disposés autour de l’hôpital dans la ville et alentour avec une sage femme qui va pratiquer les accouchements à domicile. Environ 250 accouchements par an.(…)
Nous sommes touchés par la constante attention qui nous est prodiguée… Ils ont tout perdu et il donne le peu qu’il leur reste !(…)
Les consultations démarrent et comme les autres jours nous voyons aussi bien des pathologies chroniques ou anciennes que d’autres directement liées à NARGIS.
Quelques plaies à nettoyer, des cas de nausées et vomissements, sans avoir de caractère épidémique, des troubles digestifs à type de gastralgies, des douleurs musculaires avec tendinites.(…)
Les premiers patients arrivent. Aujourd'hui nous voyons plus de pathologies liées à « Nargis » et aussi plus d'enfants. Particularité locale, nous verrons 4 familles avec des vrais jumeaux. Ils sont adorables, toujours très biens habillés avec des vêtements colorés.(…)
On nous amène un patient très mal en point, il a été installé sur une mobylette, placé derrière le conducteur, mais il tient a peine assis.
Sa tension est très basse, son pouls rapide et filant. Il est en état de choc.
L'interrogatoire nous permet de comprendre qu'il a eu des saignements importants, maelena. Nous le faisons rapidement emmener vers l'hôpital pour surveillance et évacuation possible vers Pathein.
Les motifs de consultations, comme sur les autres cliniques mobiles, sont très variés.
Beaucoup de fièvres, toux, dyspnées, peu de diarrhées, des problèmes cutanés, des cas de gales très très nombreux, des surinfections de petites plaies non désinfectées, des impétigos....
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