Avec 25 % par an de décès de nourrissons, les Infections Respiratoires Aigües basses (IRA), constituent un problème de santé publique au Togo. En effet, ces IRA touchent 80% des enfants de moins de 5 ans, mais 60% des nourrissons restent les plus exposés aux virus de la bronchiolite sur un terrain le plus souvent fragilisé par d’autres pathologies et par un environnement socio-économique précaire. Fatalité ? Surement pas ! Par Luc Walle Kinésithérapeute au COSI.
Les autorités sanitaires, avec toute bonne volonté, ont du mal à lutter par manque de moyens humains et d’expertises. Depuis 4 années, le COSI forme des kinésithérapeutes Togolais du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé aux techniques de désencombrement, terriblement efficaces en urgence, permettant ainsi aux nourrissons de rester le moins possible en soins intensifs, limitant ainsi le risque de surinfections. Mais au delà, le travail de fond est l’amélioration de la qualité des soins, la sensibilisation, la prévention et la formation de formateurs.
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Lors du premier jour en évaluation au Service de Pédiatrie du CHU à Lomé : beaucoup de petits enfants, la plupart des nourrissons étaient entassés, étouffant sur des pagnes, au milieu du personnel vacant et des mamans à leur chevet. On pouvait entendre des pleurs, des geignements, mais aussi beaucoup de toux. « Ce n’est pas possible, quelque chose ne va pas ? ». Non à cause du manque de matériel et d’hygiène, de la chaleur, de la promiscuité : après tout, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, mais plutôt de l’encombrement pulmonaire présent sur 80% des bambins ! Ils pouvaient rester encombrés un mois en Soins Intensifs avec des détresses respiratoires sévères conduisant à des séquelles neurologiques graves et au pire à la mort. Il faut faire quelque chose pour les aider à faire face. Un travail d’« adédévi » (fourmi en Ewé) commence alors. Ausculter, interroger, discuter avec les médecins et soigner bien sûr. La plupart des nourrissons avaient les signes cliniques de la bronchiolite aigüe. Les autres petits enfants souffraient d’asthme et de bronchites. Il fallait donc former au plus vite un kinésithérapeute aux techniques de désencombrement et pouvant intervenir précocement en service de Soins Intensifs.
La bronchiolite : bien connue dans les pays tempérés où elle était responsable pour les plus démunis, d’un décès par jour en 2007.
Alors qui est-elle ? C’est une atteinte virale des petites bronches, appelées bronchioles, fines comme un cheveu chez le nourrisson. Le tissu pulmonaire, nécrosé , ne peut plus évacuer les sécrétions produites en réaction à l’agression : c’est l’encombrement accompagné de l’inflammation et du spasme des bronchioles. Elle commence comme un banal rhume, nez qui coule puis une gène respiratoire s’installe avec de mauvaises nuits perturbées par la toux , perte d’appétit et quelquefois fièvre. Elle est épidémique et saisonnière. Chez nous, le traitement habituel est la kinésithérapie respiratoire, les broncho-dilatateurs si nécessaire, une hygiène de vie et des mains - c’est contagieux - pas d’antibiothérapie - car c’est un virus.